Après une discussion copieuse, mais non pompeuse, sur des sujets plus qu'anodins (Madonna, pouboires, ...), le petit groupe incarné par une pléiade d'acteurs dans la force de l'âge et en pleine ascension se livre au sujet principal du film: le braquage. Le génie du cinéaste est sans limite et il utilise l'intelligence du public en ne montrant aucune image du casse, pour ainsi faire fonctionner l'imagination du spectateur. Original, parfaitement mis en scène grâce à des plans fixes, cette "coupure" pour ainsi dire sert à pallier le manque de moyens d'une façon plus qu'admirable et qui ne se répercute en aucun cas sur le scénario. D'un culot monstre, Tarantino va même jusqu'à s'autoriser à filmer le dos des acteurs durant leurs papotages ! Original, il l'est encore avec l'utilisation de couleurs comme pseudos, à l'instar d'un certain Joseph Sargent dans son film "The Taking of Pelhalm One, Two, Three" (Les pirates du métro).
Talent de réalisateur, de scénariste, mais également de casting. Il faut avouer que sans cette troupe d'acteurs aux visages durs et impassibles et aux gueules charismatiques, le film tombe à l'eau. Même si les acteurs semblent être de pales copies des comédiens fétiches de Tarantino (Michael Madsen dans le rôle de Mr. Blonde ressemblant à s'y méprendre à Lee Marvin dans "The Big Heat" (Règlement de compte)), il n'en reste pas moins éblouissants de sincérité et de talent; malgré quelques problèmes que l'on pourrait qualifier de mineur dans la direction artistique (Steve Buscemi ayant du faire l'échange avec Tarantino pour le rôle de Mr. Pink, ce choix ayant été contesté par l'acteur durant le briefing où chaque personnage reçoit un nouveau nom (Tarantino a su rebondir sur l'impro de Buscemi avec sa fameuse réplique "C'est comme pour moi: Mr. Brown, marron, vous trouvez pas que ça fait un peu chiotte ?") ou encore Lawrence Tierney qui a failli bousiller le film à cause de ces sautes d'humeurs et de ses caprices de stars.). Voulant être le plus possible derrière la caméra, le réalisateur se devait de n'être présent derrière celle-ci qu'un court instant.
Par ses choix de placements de caméra, le film à davantage l'air d'un drame théatral, la sensation de huit-clos aidant. Les costumes noir et blanc (le choix de la couleur des costumes faisant probablement référence au fait que Tarantino voulait filmer "Reservoir Dogs" en monochrome) se verront asperger de rouge, couleur fétiche du réalisateur. La bande son dôtée d'excellents titres provenant de la radio des 70's annonce l'arrivée d'un nouveau drame (découpage d'oreille, ellypse pré-générique,...). Ce film totalement dénué de morale mais pas de psychologie verra ses protagonistes mourir les uns après les autres (qui tue par l'épée périra par l'épée). La violence omniprésente dans le métrage est représentative de la "Tarantino Touch" où elle sert à rendre un effet stylé sur une scène: le sang est une parure pour le réalisateur et il s'en sert avec volupté.
Allant de villes en villes pour fare la promo de son fabuleux film indépendant, Tarantino en sortira grandi et apprécié des critiques. Sundance, Toronto, Cannes, aucun festival n'échappe à la claque Tarantino et tous sont unanimes: un nouveau prodige est né.

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